Quels travaux pour améliorer la performance énergétique d’un appartement ?

Un appartement difficile à chauffer en hiver, trop chaud en été, des factures d’énergie élevées ou encore un DPE peu performant sont souvent les signes qu’une rénovation énergétique mérite d’être envisagée.

Mais lorsqu’on vit en appartement, une question revient rapidement : quels travaux peut-on réellement réaliser pour améliorer la performance énergétique du logement ?

Contrairement à une maison individuelle, tout n’est pas forcément entre les mains du propriétaire. Certains travaux peuvent être réalisés directement à l’intérieur de l’appartement, tandis que d’autres concernent l’ensemble de l’immeuble et nécessitent l’intervention de la copropriété.

Isolation, fenêtres, ventilation, chauffage… Plusieurs leviers peuvent donc être actionnés. L’essentiel est surtout de déterminer lesquels sont réellement pertinents pour le logement et dans quel ordre les réaliser.

Avant les travaux : comprendre d’où viennent les pertes d’énergie

Changer ses fenêtres ou installer un nouveau système de chauffage peut sembler être une bonne manière de commencer. Pourtant, il n’existe pas un type de travaux systématiquement adapté à tous les appartements.

Un logement situé au dernier étage d’un immeuble ancien ne présentera pas les mêmes problématiques qu’un appartement intermédiaire entouré de logements chauffés. De la même manière, un appartement exposé plein nord, équipé de fenêtres anciennes et donnant sur plusieurs façades peut avoir des besoins très différents d’un logement récent.

Avant de choisir les travaux, il est donc important d’observer le logement dans son ensemble : qualité de l’isolation, état des menuiseries, système de chauffage, ventilation, production d’eau chaude ou encore situation de l’appartement dans l’immeuble.

Le DPE permet d’obtenir une première indication sur sa consommation énergétique et sur ses émissions de gaz à effet de serre. Pour un projet plus important, une étude plus approfondie permet d’identifier les travaux les plus cohérents et d’éviter de multiplier les interventions sans véritable stratégie.

1. Améliorer l’isolation de l’appartement

L’isolation constitue l’un des principaux sujets à étudier dans un logement énergivore.

Un logement mal isolé laisse plus facilement entrer le froid en hiver et la chaleur en été. Le chauffage doit alors fonctionner davantage pour maintenir une température confortable.

En appartement, plusieurs solutions existent.

Isoler les murs par l’intérieur

Lorsque l’isolation de la façade n’est pas prévue par la copropriété, il est parfois possible d’intervenir directement depuis le logement en réalisant une isolation thermique des murs par l’intérieur.

Le principe consiste à ajouter un matériau isolant sur les murs donnant sur l’extérieur ou sur des espaces non chauffés.

Cette solution peut notamment être pertinente dans les immeubles anciens dont les murs ne sont pas ou peu isolés. Elle permet également d’intervenir sur un appartement sans attendre une rénovation énergétique globale de l’immeuble.

Elle présente néanmoins une contrainte importante : l’isolant et son doublage réduisent légèrement la surface habitable. Dans les petits appartements, le choix du matériau et de son épaisseur doit donc être particulièrement étudié.

Tous les murs ne nécessitent pas forcément d’être isolés. L’enjeu est avant tout de repérer les parois responsables des principales déperditions et de traiter correctement les jonctions afin de limiter les ponts thermiques.

Isoler le plafond ou le plancher dans certaines configurations

La position de l’appartement dans l’immeuble joue également un rôle.

Un logement situé sous une toiture ou des combles non chauffés peut être davantage exposé aux variations de température provenant du dessus. À l’inverse, un appartement situé au-dessus d’une cave, d’un garage ou d’un local non chauffé peut subir des pertes par le plancher.

Selon la configuration de l’immeuble et le statut des différentes parois, ces travaux peuvent relever du logement ou de la copropriété.

Dans un appartement situé entre deux logements chauffés, les enjeux d’isolation du plancher et du plafond sont généralement différents : les murs donnant sur l’extérieur et les menuiseries peuvent alors constituer des points plus importants à étudier.

2. Remplacer des fenêtres anciennes

Des fenêtres anciennes ou peu étanches peuvent provoquer une sensation de paroi froide, des infiltrations d’air et une diminution du confort à proximité des ouvertures.

Le remplacement de simples vitrages ou de menuiseries anciennes par des fenêtres plus performantes peut donc améliorer le confort thermique et acoustique du logement.

Mais changer les fenêtres ne suffit pas toujours à transformer la performance énergétique d’un appartement.

France Rénov’ rappelle notamment que les déperditions peuvent également provenir largement des murs et de la toiture. Les fenêtres doivent donc être considérées comme une composante d’un projet plus global plutôt que comme une réponse systématique à elles seules.

Autre point à anticiper : des fenêtres neuves sont généralement beaucoup plus étanches à l’air que d’anciennes menuiseries. Si la ventilation du logement est insuffisante, leur remplacement peut perturber le renouvellement de l’air. Il est donc important d’étudier simultanément les deux sujets.

3. Ne pas oublier la ventilation

Lorsque l’on parle de rénovation énergétique, la ventilation est parfois reléguée au second plan derrière l’isolation ou le chauffage.

Elle est pourtant essentielle.

L’air intérieur doit être régulièrement renouvelé pour évacuer notamment l’humidité générée dans le logement. Une ventilation adaptée contribue à limiter la condensation et l’apparition de moisissures tout en maintenant une meilleure qualité de l’air intérieur.

Selon l’immeuble, plusieurs configurations peuvent exister : ventilation naturelle, extraction mécanique individuelle (VMI) ou système de ventilation collectif (VMC).

4. Améliorer le système de chauffage

Une fois les besoins du logement réduits ou correctement identifiés, le système de chauffage constitue un autre levier important.

Un équipement ancien ou mal régulé peut consommer davantage d’énergie que nécessaire et offrir un confort insuffisant.

La solution dépend toutefois beaucoup de l’installation existante.

Dans un appartement disposant d’un chauffage individuel électrique, la rénovation peut par exemple passer par des équipements plus performants associés à une régulation adaptée.

Dans d’autres configurations, une pompe à chaleur peut être envisagée. Une PAC air/air permet par exemple de chauffer le logement et peut également assurer son rafraîchissement en été.

Son installation en appartement doit toutefois être étudiée avec attention. La présence d’une unité extérieure peut modifier l’aspect extérieur du bâtiment et les règles de copropriété ainsi que les autorisations d’urbanisme applicables doivent être vérifiées avant le projet.

Lorsque le chauffage est collectif, son remplacement ou son évolution concerne en revanche la copropriété et ne peut pas être décidé individuellement par un seul propriétaire.

5. Optimiser la production d’eau chaude

La performance énergétique d’un appartement ne dépend pas uniquement de son chauffage.

La production d’eau chaude sanitaire entre également dans les consommations énergétiques du logement et dans le calcul du DPE.

Lorsqu’un ballon d’eau chaude individuel doit être remplacé, son dimensionnement et ses performances doivent donc être étudiés en fonction du nombre d’occupants et de la place disponible.

L’objectif n’est pas nécessairement d’installer l’équipement le plus puissant, mais celui qui correspond réellement aux besoins du logement.

Dans le cadre d’une rénovation complète d’appartement, le remplacement du système de production d’eau chaude peut ainsi être étudié en même temps que le chauffage, l’isolation ou la réorganisation des pièces techniques.

Faut-il réaliser tous les travaux en même temps ?

Pas forcément.

Un appartement peut parfois nécessiter uniquement quelques améliorations ciblées : remplacement des menuiseries, isolation d’un mur donnant sur l’extérieur ou modernisation du chauffage.

Dans d’autres situations, notamment lorsque le logement présente plusieurs points faibles ou un DPE dégradé, penser les travaux de manière globale peut être beaucoup plus pertinent.

L’intérêt n’est pas uniquement énergétique.

Faire intervenir plusieurs corps de métier dans une même rénovation permet également de réfléchir à l’appartement dans son ensemble. L’isolation peut par exemple être intégrée au moment de repeindre les murs, le système de chauffage repensé lors de la rénovation électrique et la ventilation améliorée en parallèle d’une nouvelle salle de bain ou d’une cuisine.

Travaux énergétiques en appartement : attention aux règles de copropriété

C’est l’une des principales différences entre la rénovation d’une maison et celle d’un appartement.

À l’intérieur du logement, un propriétaire peut réaliser de nombreux travaux. Mais dès qu’une intervention concerne une partie commune ou modifie l’aspect extérieur de l’immeuble, des autorisations peuvent être nécessaires.

C’est notamment le cas de certains travaux sur la façade, la toiture ou les systèmes collectifs. Le remplacement de fenêtres peut également être encadré lorsqu’il modifie leur aspect extérieur.

L’installation d’une unité extérieure de pompe à chaleur ou de climatisation doit elle aussi être étudiée au regard des règles de la copropriété et de l’urbanisme.

Avant de démarrer les travaux, il est donc essentiel de distinguer ce qui relève de l’appartement et ce qui relève de l’immeuble.

Une rénovation énergétique complète peut d’ailleurs combiner les deux. Le propriétaire peut améliorer l’isolation ou les équipements de son appartement tandis que la copropriété engage parallèlement des travaux sur la façade, la toiture, le chauffage collectif ou la ventilation.

Améliorer le DPE d’un appartement : quels travaux privilégier ?

Il est difficile d’établir une liste universelle de travaux permettant de gagner une ou plusieurs classes de DPE.

Le résultat dépend de nombreux paramètres : surface du logement, année de construction, position dans l’immeuble, isolation existante, type de chauffage, production d’eau chaude ou encore énergie utilisée.

Deux appartements de même surface peuvent donc nécessiter des rénovations très différentes.

Pour améliorer durablement la performance énergétique du logement, la bonne démarche consiste à identifier les principaux points faibles puis à simuler l’effet des différents scénarios de travaux avant de les réaliser.

Cette approche est particulièrement importante pour un propriétaire bailleur.

Depuis le 1er janvier 2025, les logements classés G ne peuvent plus être proposés à la location dans le cadre d’un nouveau bail, d’un renouvellement ou d’une reconduction tacite. Cette exigence concernera également les logements classés F à partir de 2028 puis E à partir de 2034.

La rénovation énergétique peut donc répondre à plusieurs objectifs : améliorer le confort du logement, réduire ses besoins énergétiques, améliorer son DPE et préserver sa possibilité de location dans le temps.